Accéder au contenu principal

Manny et les pastilles Jessel


Je cherchais des vignerons alsaciens.
J’ai trouvé un homme en costume clair, traversant l’Atlantique comme on traverse un couloir, des salons parisiens aux gratte-ciels new-yorkais, sans jamais vraiment poser ses valises.

Prologue

Jessel 1 — 1930, un dîner à Paris

Un appartement donnant sur le parc Monceau. La bourgeoisie médicale parisienne en représentation. Et un invité dont personne ne sait vraiment qui il est.

Jessel 2 — Né dans la pampa

  1. Argentine. Une famille juive venue de Moldavie. Le vent, la poussière, puis Buenos Aires. Rien ne prédestinait Manny à devenir Manny.

Jessel 3 — Une vie sous tension

Pendant que Manny circule, Suzanne construit. Mariage, enfants, études, héritages silencieux. Une rigueur qui ne fait pas de bruit.

Jessel 4 — À nous deux, Paris

Années 1930. Clubs américains, golf à Ozoir, cocktails, costumes clairs. Manny flotte. Paris se laisse faire.

Jessel 5 — Femme moderne

Suzanne avance. Doctorat, laboratoire, discipline. Une idée prend forme, sans encore avoir de nom.

Jessel 6 — Alliance improbable

Ils n’étaient pas faits pour s’entendre. Ils étaient faits pour travailler ensemble. Naissance des Laboratoires Jessel.

Jessel 7 — Leur Belle époque

Publicités flamboyantes. Succès commercial. Mariage transatlantique. Tout va vite. Tout marche.

Jessel 8 — Tensions

La guerre approche. Manny s’éloigne. Suzanne tient. Le laboratoire résiste, puis ralentit.

Jessel 9 — Au bout de l’élan

Après-guerre. Divorce. Rééquilibrage. 1950 : enfin, une structure claire. 51 % – 49 %. Rien d’anecdotique.

Jessel 10 — Rationalisation

Les années cinquante. Apogée discrète. Une réussite sans emphase. Le laboratoire respire enfin.

Épilogue Jessel— Ma route vers Manny

Comment une simple publicité m’a mené bien plus loin que prévu.
Et pourquoi, parfois, les archives savent mieux que nous où elles veulent nous conduire.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Marguier contre l'abbaye

 Une enquête dans le Saugeais du XVIIᵉ siècle Tout commence par un texte étrange.  Pas un baptême. Pas un mariage. Pas un acte de décès. Un texte juridique , trouvé presque par hasard sur le site Racines franc-comtoises . Une longue phrase, à la syntaxe sinueuse, typique de l’Ancien Régime : ... En la cause de Claude Marguier dit Bannans et Hierosme Droz de la Ville du Pont prodhommes d’illec, Claude Chouard Mercier de la Longeville coprodhomme et eschevin dudit lieu, Jehan Donet dit Clerc des Allemans prodhomme audit lieu, Benoit Nicol et Hugues Lambert de Gilley prodhommes audit lieu et tant en leur nom que pour et es noms de tous les aultres prodhommes eschevins et habitans desdits lieux et aultres villages du Vaux du Saulgeois parochiens de l’eglise et abbaie de Montbenoit suppliant en moderation de reglement de drois curiaulx… 1 Ce n’est pas un détail administratif. C’est un moment où le droit s’expose tel qu’il est réellement : discuté, contesté, négocié . Car ici, au...

Les Sénabré, d’une rive à l’autre

Les Espagnols d’Algérie Ils sont arrivés par la mer, ballotés entre la misère et l’espoir. Des paysans de Relleu, de Almudaina, de Villajoyosa ou de Denia, qui fuyaient la sécheresse, les dettes, les pierres plus nombreuses que les récoltes. Les bateaux faisaient la navette depuis Alicante, Valence ou Ibiza, et débarquaient leur cargaison d’hommes, de femmes et d’enfants sur les quais d’Oran ou d’Alger. En quelques décennies, l’Algérie française est devenue la seconde patrie de ces Espagnols sans fortune. On les appelait les Valenciens , même quand ils venaient de Murcie ou d’Andalousie. Ils bâtissaient les maisons, cultivaient la vigne, pêchaient le long des côtes. Les enfants, eux, devenaient Français sans toujours le savoir, par la loi de 1889. Entre deux langues, deux patries, deux mers, ces familles ont tissé une histoire discrète. Celle des SENABRE en fait partie — une lignée née sous le soleil d’Alicante et refondée sur l’autre rive, dans les faubourgs d’Alger avant de partir à ...

Eloge de la généalogie qui musarde

  Comment, en cherchant Jessel, je me suis retrouvé chez Zebra, à la radio, en Alsace en 1934 et en plein délire graphique Je te jure que je fais des efforts. Je pars toujours avec de bonnes intentions : “aujourd’hui, je me concentre sur Jessel, je travaille sérieusement, je reste dans la ligne droite du récit”. Et puis voilà qu’une vieille réclame traîne au coin d’un journal de 1934, me regarde de travers et me murmure : “Regarde-moi, juste une seconde…” Je regarde. Je tombe dans un terrier. Parce qu’une fois qu’on met le nez dans les publicités des années trente, on se retrouve à courir derrière des silhouettes étranges qui vous entraînent d’une page à l’autre : un enfant maigre comme un clou, une femme devenue “bleichsüchtig”, un noir à poêle miraculeux, et au milieu de tout ça, une agence de publicité — Thompson — qui semble avoir tout rédigé, tout dessiné, tout rêvé. On dirait un Monopoly géant où chaque case serait une réclame en noir et blanc. À la base, je voulais c...