Devant le Maire Elle a vingt-deux ans, une robe en laine fine boutonnée jusqu’au cou, et un chignon tiré à faire pâlir une institutrice. Maria, elle est sérieuse, droite, discrète — et jolie : les cheveux relevés en chignon qui mettent en valeur ses beaux yeux bleus, une broche sobre orne son corsage, et elle regarde l’avenir sans trembler. Lui, c’est Arsène Marguier. Petit - 1,55 m - large d’épaules, la moustache en sourire et la voix grave. Chez lui, on parle fort, on rit facilement, on connaît les arbres un par un et on respecte les bêtes plus que les notaires. Il arrive sans ses parents, déjà morts, mais avec avec ses frères et sa jeune sœur Joséphine , tout juste descendus de Septfontaines. Il a mis son uniforme bien brossé, son épingle à cravate en corne, offerte par son père. Raide, fier — mais les yeux fondus dès qu’il croise ceux de Maria. Les noces à la campagne Maria Lasalle (photo retouchée) Ce samedi de fin septembre, l’automne hésite. Le Doubs glisse doucement, comme po...
Blog de généalogie et de récits de famille, "Les Morts nous vont si bien" explore les secrets d’ancêtres oubliés, les silences qui traversent les générations, les archives pleines de poussière… et de révélations. Un feuilleton vivant où souvenirs, enquêtes et émotions se mêlent pour redonner voix à ceux qu’on croyait perdus.