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Affichage des articles associés au libellé femme libre

Chapitre 15 – La belle vie de « Mme Pavis »

Pour commencer, je tiens à vous dire que Nicole — c’est comme ça qu’elle se faisait appeler, votre Suzanne — je l’aimais pas. Elle a manipulé mon père, lui a bouffé son argent, et fait exploser notre famille. Moi, la fille de Jean, je lui en ai voulu. Mais avec le temps… j’ai compris pas mal de choses.  Alors je vais reprendre depuis le début. Suzanne est entrée dans notre vie par ma mère. Elles se sont rencontrées vers 1973 ou 1974, je ne sais plus où. Elle cherchait un logement, et comme on avait deux immeubles de rapport — hérités de ma mère — celle-ci lui a proposé un petit F2. Suzanne disait travailler pour un médecin. Je n’ai jamais su de quel boulot il s’agissait, mais peu importe : en un rien de temps, elle avait mis le grappin sur mon père. Quand ma mère est morte, Suzanne s’est installée chez lui. Même si mon père lui avait loué un appartement plus grand, juste en dessous du sien. Mon père lui louait "officiellement", oui… Il y avait des quittances de loyer, mais...

Chapitre 9 – Le courage des femmes silencieuses

  Je suis Marthe, la mère de Suzanne. Moi-même, je n’ai pas vraiment connu mon père, Désiré. C’était un manouvrier, il travaillait à la journée quand il trouvait du travail : nettoyage des étables, mise en fagots du bois, travaux de terrassement, transport du foin, surveillance du bétail, faucheur, batteur en grange, etc. Il avait eu un fils avec ma mère, Eulalie, avant de se marier avec elle, puis ils ont eu une fille deux ans avant moi. Il est mort à 29 ans, en coupant des saules au bord de l’Aire. J’avais onze mois. Nous vivions à Termes, dans les Ardennes, à une petite vingtaine de kilomètres de Vouziers. C’était un village agricole avec encore quelques vignes, beaucoup de forêts. Une terre rude, où les hommes s’épuisaient pour arracher au sol de quoi survivre. Après la mort de mon père, ma mère s’est remariée avec Marcellin Dubois, toujours à Termes. Ils ont eu cinq enfants ensemble. Nous vivions toujours là, toujours aussi pauvres. Marcellin était manœuvre, casseur de pierr...