Je suis Marthe, la mère de Suzanne. Moi-même, je n’ai pas vraiment connu mon père, Désiré. C’était un manouvrier, il travaillait à la journée quand il trouvait du travail : nettoyage des étables, mise en fagots du bois, travaux de terrassement, transport du foin, surveillance du bétail, faucheur, batteur en grange, etc. Il avait eu un fils avec ma mère, Eulalie, avant de se marier avec elle, puis ils ont eu une fille deux ans avant moi. Il est mort à 29 ans, en coupant des saules au bord de l’Aire. J’avais onze mois. Nous vivions à Termes, dans les Ardennes, à une petite vingtaine de kilomètres de Vouziers. C’était un village agricole avec encore quelques vignes, beaucoup de forêts. Une terre rude, où les hommes s’épuisaient pour arracher au sol de quoi survivre. Après la mort de mon père, ma mère s’est remariée avec Marcellin Dubois, toujours à Termes. Ils ont eu cinq enfants ensemble. Nous vivions toujours là, toujours aussi pauvres. Marcellin était manœuvre, casseur de pierr...
Blog de généalogie et de récits de famille, "Les Morts nous vont si bien" explore les secrets d’ancêtres oubliés, les silences qui traversent les générations, les archives pleines de poussière… et de révélations. Un feuilleton vivant où souvenirs, enquêtes et émotions se mêlent pour redonner voix à ceux qu’on croyait perdus.