Naître dans un monde qui sait durer Chez les Escande, la réussite ne fait pas de bruit, mais elle s’installe. Avant même le père d’Axa, la maison est déjà debout. Son grand-père, Jean Baptiste Escande , né vers 1747, est notaire et maire de Boissezon. Un notable rural de l’Ancien Régime finissant, de ceux qui tiennent les registres, les actes, les équilibres locaux. Il meurt en 1821, laissant derrière lui plus qu’un nom : une position. Son fils, Jean-Baptiste Marie Escande , prolonge et élargit l’assise. Né en 1780, il devient notaire à Mazamet, puis maire de la ville de 1819 à 1830. Il traverse l’Empire, la Restauration, les débuts de la Monarchie de Juillet sans perdre pied. Servir l’État, administrer une ville, enregistrer les biens et les successions : il sait faire. Il meurt en 1830, à cinquante ans, laissant une maison déjà solidement installée dans la bourgeoisie locale. Les fils confirment la trajectoire. L’un, Léopold Escande , devient avocat-notaire : la continuité civile, l...
Tout est parti d’une publicité. Une petite réclame anodine pour des pastilles Jessel, aperçue au détour d’un journal ancien. Un nom inconnu, une typographie des années trente, un produit oublié. Rien qui, en apparence, méritait d’être creusé. Et pourtant, c’est souvent dans ces chemins minuscules que se cachent les grandes histoires. J’ai voulu comprendre. Qui était ce Jessel ? Pourquoi son nom circulait-il dans les journaux de l’époque ? Et surtout : comment un homme dont on ne trouve presque rien dans les archives françaises pouvait-il occuper autant d’espace dans les pages mondaines ? Au début, Manuel, que j’ai surnommé Manny ressemblait à un personnage de roman : un étranger élégant, bien mis, courant les salons parisiens comme un Comte de Monte-Cristo en transit. On le voyait partout et nulle part : Ozoir-la-Ferrière, rue Mirabeau, dans les cocktails américains de la rive droite. Puis il disparaissait. Comme s’il s’était évaporé. Alors j’ai suivi la trace. J’ai trouvé sa n...