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Affichage des articles associés au libellé femmes

Chapitre 13 – Suzanne toujours aux abois

  Je découvre donc cet article de l’Echo du Centre :  Vols. - Suzanne Morel, 25 ans, qui a volé une somme de 30 000 francs à une dame de passage à Limoges, est condamnée à 8 mois de prison, 10.500 francs de dommages et intérêts et à restituer les 20.000 francs non dépensés retrouvés en sa possession. En fait, elle a 35 ans. Mensonge encore, ou erreur du rédacteur ? Je contacte les archives de la Haute Vienne, et on m’envoie le dossier ! Les attendus du procès : Attendu que Morel Suzanne, veuve Bertrand, a été condamnée pour avoir à  Limoges , le 7 août 1945, frauduleusement soustrait un portefeuille contenant une somme de 37 000 francs, au préjudice de la dame Veillard. Attendu que cette réunion avait lieu chez M. L., réuni ssa n t tous les locataires de l’immeuble . Attendu que, à l’issue de cette réunion, la prévenue a aperçu un sac à main, qu’elle reconnaît avoir ouvert, et a pris le portefeuille qui s’y trouvait. Attendu qu’elle prétend avoir agi par curio...

Chapitre 12 : le Conseil de famille

Dans cette histoire, et comme toujours dans les secrets de famille, personne ne sait rien. Chacun détient un petit bout de vérité, mais personne n'ose le partager. Moi, j’ai mis les pieds dans le plat. Ces parents soi-disant morts pendant la guerre, cette mère qui s’est volatilisée pour réapparaître à Limoges comme si de rien n’était, ces enfants séparés, placés dans des familles différentes au point de ne plus se souvenir les uns des autres… Il a bien fallu une décision pour que tout cela se passe ainsi. Je me décide donc à passer aux archives de la Marne. Une archiviste charmante m’explique la marche à suivre : il faut une demande écrite et justifier de la parenté, mais il devrait être possible d’y accéder... Et un beau matin, me voilà à Châlons-en-Champagne. Une documentaliste disparaît quelques instants, puis revient avec un dossier : le jugement du conseil de famille ! Quelle trouvaille ! Des fiches de police, des lettres, des enquêtes de voisinage. Et surtout, le jugement....

Chapitre 8 – Quelle énigme !

Je me surprends à revenir sans cesse sur le nom de Suzanne. Elle reste pour moi une énigme, un e image insaisissable dont l'histoire s'impose comme un défi à déchiffrer. D'un côté, on la présente comme une jeune ouvrière, une femme jolie, belle et rebelle, qui a su marquer sa trace, refusant de se plier aux règles d'une société trop coincée pour contenir son ambition. De l'autre, son choix – ou son oubli – d’abandonner ses enfants laisse derrière lui un goût amer, celui d'une vie en morceaux, d'un destin qui semble vouloir défier toute explication simple. En fouillant dans les archives, j'ai découvert des contradictions qui ajoutent à son mystère. Par exemple, à Limoges , elle affirmait que son père était pharmacien, alors que les documents indiquent qu'il était mécanicien. Pourquoi c es déformations, ces mensonges évidents, l’apparent oubli de ses filles ? Ça ressemble à une volonté farouche de réinventer son passé, de maquiller une réalité trop ...