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Chapitre 13 – Suzanne toujours aux abois

 
Je découvre donc cet article de l’Echo du Centre : 

Vols. - Suzanne Morel, 25 ans, qui a volé une somme de 30 000 francs à une dame de passage à Limoges, est condamnée à 8 mois de prison, 10.500 francs de dommages et intérêts et à restituer les 20.000 francs non dépensés retrouvés en sa possession.

En fait, elle a 35 ans. Mensonge encore, ou erreur du rédacteur ?

Je contacte les archives de la Haute Vienne, et on m’envoie le dossier !

Les attendus du procès :


Attendu que Morel Suzanne, veuve Bertrand, a été condamnée pour avoir à Limoges, le 7 août 1945, frauduleusement soustrait un portefeuille contenant une somme de 37 000 francs, au préjudice de la dame Veillard.
Attendu que cette réunion avait lieu chez M. L., réunissant tous les locataires de l’immeuble.
Attendu que, à l’issue de cette réunion, la prévenue a aperçu un sac à main, qu’elle reconnaît avoir ouvert, et a pris le portefeuille qui s’y trouvait.
Attendu qu’elle prétend avoir agi par curiosité pour se renseigner sur la propriétaire du sac, qu’elle avait connu en 1939 à Reims
Attendu que, ayant ouvert le portefeuille, elle a constaté qu’il contenait une importante somme d’argent, 30 000 francs environ, d’après ses aveux.
Attendu qu’elle prétend avoir été empêchée de remettre le portefeuille en place par l’arrivée d’enfants, et qu’affolée, elle l’a plié dans un papier et emporté chez elle.
Attendu que Morel Suzanne, veuve Bertrand, a dépensé partie de cet argent, 1 000 francs en paiement d’arriérés de loyer, achat de chaussures et dépenses de coiffures.
Attendu que le reste de la somme a été retrouvée, ainsi que le portefeuille et quelques papiers
Attendu que l’intention frauduleuse est manifeste qu’elle découle d’une façon certaine et indubitable de la disposition par la prévenue de l’argent soustrait
Attendu que l’on ne peut s’arrêter à ses déclarations prétendant qu’elle n’avait pas d’intentions frauduleuses, lorsqu’elle s’est emparée du portefeuille et n’a été guidée que par un mouvement de curiosité.
Attendu que l’intéressée a déjà subi deux condamnations pour vol en 1938 et 1942, qu’elle fait l’objet de mauvais renseignements.
Attendu que la dame Veillard s’est régulièrement constitué partie civile et réclame le remboursement des 10 000 francs déjà dépensés et la restitution des objets et argent saisis.

Et le tribunal donne son verdict : condamnation à huit mois de prison, condamnation aux dépens (160 francs et 70 centimes) , le devoir de rendre les papiers, le portefeuille et la somme de 20.000 francs, le paiement de 10.000 francs à titre de dommages et intérêts.


En continuant à fouiller sur Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale, je trouve la trace du jugement de la cour d’appel : elle ne doute de rien Suzanne pour faire appel après cette condamnation et un dossier aussi accablant, c'est osé. Mais elle y croit – ou feint d'y croire. La justice, elle, ne change pas d’avis, le jugement et la peine sont confirmés.
Huit mois ferme. Une nouvelle étape dans la trajectoire sinueuse de Suzanne. Mais après ça, que devient-elle ? A-t-elle enfin retenu la leçon ou la suite réserve-t-elle encore des surprises ?

Il va falloir creuser…

Pour situer les différents membres de la famille de Suzanne, consultez l’arbre généalogique

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