Je découvre donc cet article de l’Echo du Centre :
En fait, elle a 35 ans. Mensonge encore, ou erreur du rédacteur ?
Je contacte les archives de la Haute Vienne, et on m’envoie le dossier !
Les attendus du procès :
Attendu
que Morel Suzanne, veuve Bertrand, a été condamnée pour avoir à Limoges,
le 7 août 1945, frauduleusement soustrait un portefeuille contenant
une somme de 37 000 francs, au préjudice de la dame Veillard.
Attendu
que cette réunion avait lieu chez M. L., réunissant
tous
les locataires de l’immeuble.
Attendu
que, à l’issue de cette réunion, la
prévenue
a aperçu un sac à main, qu’elle reconnaît avoir ouvert, et a
pris le portefeuille qui s’y trouvait.
Attendu
qu’elle prétend avoir agi par curiosité pour se renseigner sur la
propriétaire du sac, qu’elle avait connu en 1939 à Reims
Attendu
que, ayant ouvert le portefeuille, elle a constaté qu’il contenait
une importante somme d’argent, 30
000
francs environ, d’après ses aveux.
Attendu
qu’elle prétend avoir été empêchée de remettre le portefeuille
en place par l’arrivée d’enfants,
et qu’affolée, elle l’a plié
dans un papier
et emporté chez
elle.
Attendu
que Morel
Suzanne, veuve Bertrand,
a dépensé
partie
de
cet argent, 1 000 francs en
paiement d’arriérés de loyer,
achat de chaussures et dépenses
de coiffures.
Attendu
que le reste de la somme a
été retrouvée, ainsi que le
portefeuille et
quelques papiers
Attendu
que l’intention frauduleuse est manifeste qu’elle découle d’une
façon certaine et indubitable de la disposition par la prévenue de
l’argent soustrait
Attendu
que l’on ne
peut
s’arrêter
à
ses
déclarations prétendant qu’elle n’avait pas d’intentions
frauduleuses,
lorsqu’elle
s’est emparée du portefeuille et
n’a été guidée que par un mouvement de
curiosité.
Attendu
que l’intéressée
a déjà subi deux condamnations pour vol en
1938 et 1942, qu’elle fait l’objet
de mauvais renseignements.
Attendu
que la
dame Veillard s’est
régulièrement constitué partie civile et réclame le remboursement
des 10
000
francs déjà
dépensés
et la restitution des objets et argent
saisis.
Et le tribunal donne son verdict : condamnation à huit mois de prison, condamnation aux dépens (160 francs et 70 centimes) , le devoir de rendre les papiers, le portefeuille et la somme de 20.000 francs, le paiement de 10.000 francs à titre de dommages et intérêts.
En continuant à fouiller sur Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale, je trouve la trace du jugement de la cour d’appel : elle ne doute de rien Suzanne pour faire appel après cette condamnation et un dossier aussi accablant, c'est osé. Mais elle y croit – ou feint d'y croire. La justice, elle, ne change pas d’avis, le jugement et la peine sont confirmés.
Huit mois ferme. Une nouvelle étape dans la trajectoire sinueuse de Suzanne. Mais après ça, que devient-elle ? A-t-elle enfin retenu la leçon ou la suite réserve-t-elle encore des surprises ?
Pour situer les différents membres de la famille de Suzanne, consultez l’arbre généalogique
Lire la suite
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Afin d'éviter la méchanceté, les commentaires sur ce blog sont modérés