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Portrait n°1 : Arsène MARGUIER

Pour le premier de cette série de portraits, je vous propose de regarder cet homme, entouré de son épouse Maria et de ses enfants. Je reviendrai une autre fois sur leur histoire, d'autant que c'est la mienne aussi. Mais, regardez bien cet homme sous son chapeau. que nous racontent sa moustache, son regard, sa moue... ?    Arsène Marguier Deux visages d’un homme du Haut-Doubs Deux visages d’Arsène Il y a les faits. Les dates, les actes, les lieux. Implacables, alignés, certifiés. Et puis, il y a ce qu’on imagine, ce qu’on pressent, ce qu’on sent derrière une photo, un silence, un surnom. Arsène Marguier, mon arrière-grand-père, en est un bon exemple. Sur le papier, il fut garde forestier, marchand de bois, père de famille, mort à cinquante ans. Un homme de son époque, comme tant d'autres. Mais selon la lumière qu’on choisit, Arsène peut être grave ou rieur, taiseux ou bon vivant, homme du devoir ou de commerce. Alors pourquoi choisir ? Voici deux portraits d’Arsène. ...

Chapitre 3 – Jacqueline, Juliette, Marthe... et les hommes qui s’effacent

  Juliette, demi-soeur de Suzanne Jacqueline a appelé Juliette ce matin. D’habitude, elle est impassible, mais là, sa voix tremblait. Elle ne montre jamais rien, Jacqueline. Pourtant, Juliette la connaît bien, elle. Elle a grandi avec elle, qui est à la fois sa nièce et sa quasi-sœur. Oui, parce que Juliette est la demi-sœur de Suzanne, sa mère. Enfin, vous suivez ? Moi non plus, pas tout de suite. En creusant un peu, je découvre que c’est Marthe qui a élevé tout ce petit monde, seule, avec les gamines sur les bras. Marthe, c’est la mère de Suzanne, puis de Juliette, mais entre les deux, il y a eu Gaston. Un type solide, employé aux chemins de fer, un peu comme une planche de salut pour Marthe après la mort de son premier mari en 1916, pendant la bataille de la Somme. Suzanne avait à peine six ans. Marthe, veuve de guerre, s’était retrouvée avec une pension de 563 francs et une gamine à nourrir. Gaston, il n’est pas resté longtemps non plus. 1924, paf, il claque, après lui avoir...