Sous le cerisier de Montalent C’est un matin d’août 1920 dans le Jura. L’air est lourd, la vigne dort, les coqs ont déjà fait leur devoir. Jules Ethevenaux est assis sur le banc de pierre, sous le vieux cerisier. Il a gardé l’habitude d’y venir depuis qu’il ne peut plus vraiment descendre à la vigne. Les rhumatismes ont eu raison de son dos, mais pas de sa vigilance. Il regarde Montalent comme on regarde une vieille photo, floue mais familière. Un peu plus haut, les toits du Louverot scintillent, et au loin, on aperçoit l’église de Montain sur sa colline, mais pas le village, là où il est né. Entre les deux, toute une vie : les récoltes, les enfants, la République (parfois bancale), les décès trop jeunes, les mariages pas toujours prévus, les voisins têtus, les frères égarés puis revenus. Il se dit, en silence : — Tiens, c’est drôle, je n’ai pas vu passer tout ça. Et pourtant, il en a vu. Un frère exilé pour avoir trop aimé la liberté, une République bâillonnée puis revenue ...
Blog de généalogie et de récits de famille, "Les Morts nous vont si bien" explore les secrets d’ancêtres oubliés, les silences qui traversent les générations, les archives pleines de poussière… et de révélations. Un feuilleton vivant où souvenirs, enquêtes et émotions se mêlent pour redonner voix à ceux qu’on croyait perdus.