Je cherchais mes ancêtres Jessel.
Et puis… Comme souvent en généalogie, j’ai pris un virage que je n’avais pas vu venir. Le Jessel que j’ai trouvé n’avait rien à voir avec mes vignerons. Rien du tout.
À la place : un homme qui traverse l’Atlantique comme on traverse un couloir, des appartements à New York et Paris, des dîners mondains, du golf à l’American Country Club, une épouse irlandaise, des publicités dans tous les journaux français et coloniaux pour des pastilles à l’huile de foie de morue, un passeport renouvelé à Nice, et un exil à Estoril dans un hôtel trop cher.
Moi qui pensais trouver un vigneron… j’ai trouvé Manuel John Jessel. Un homme tellement loin de mes paysans qu’il aurait pu être un personnage de Fitzgerald, perdu dans les années 30, en costume clair, avec ce charme détaché des gens qui n’appartiennent jamais tout à fait à un pays.
Je me suis dit : « Bon. On est un peu loin de Sélestat, là. »
Mais plus j’avançais, plus l’histoire se mettait à brûler sous mes doigts. Parce qu’autour de Manuel, il y a Suzanne Monsarrat, médecin, pharmacienne, héritière d’un grand-père médecin qui invente un baume de plantes devenu Végebom. Il y a un laboratoire, des publicités improbables, des pages mondaines américaines, et une lignée politique incandescente qui remonte à Jules Miot, membre de la Commune, condamné à mort, exilé, revenu par l’amnistie — rien à voir avec une cave alsacienne.
Et c’est comme ça que, en cherchant mes vignerons, je me suis retrouvé dans une histoire de mondains franco-américains, une histoire que je n’avais pas prévue. Mais qui, finalement, me va très bien. Parce qu’au fond, j’adore quand les archives me tirent par la manche pour m’emmener là où je n’avais pas l’intention d’aller.
Et cette fois, c’est Manuel qui m’a pris la main. Le reste…vous allez le découvrir.

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