Article précédent Gabriel et Cécile — L’odeur du lapin, l’ amour de Dieu Après Maizières-la-Grande-Paroisse, c’est à Romilly-sur-Seine que Gabriel et Cécile Arnoult font construire une maison, une vraie. Pas un palais, non : un pavillon modeste avec jardin, lapins, poules, une chèvre. De quoi nourrir douze bouches sans passer par l’épicerie tous les deux jours. L’autonomie par la sueur. Gabriel travaille aux ateliers SNCF. Un ouvrier parmi tant d’autres, dans cette Romilly d’avant les grandes désillusions, entre les cheminées des usines textiles et le grondement des locomotives. La ville est un monde d’usine : Corpelet, Dupré, Kretz, Camuset, la bonneterie bat son plein. Les rues sentent le cambouis, la vapeur, la laine chauffée. Ça sort d’usine en grappes, les hommes vers les bistrots, les femmes vers la cuisine. On milite, on gueule, on trinque. Les rouges sont bien installés — le PCF règne sur les syndicats, les coopératives, les têtes. Mais chez les Arnoult, le rouge, c’e...
Blog de généalogie et de récits de famille, "Les Morts nous vont si bien" explore les secrets d’ancêtres oubliés, les silences qui traversent les générations, les archives pleines de poussière… et de révélations. Un feuilleton vivant où souvenirs, enquêtes et émotions se mêlent pour redonner voix à ceux qu’on croyait perdus.