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Les Ethevenaux : Vatagna

 

Un Ethevenaux, des Ethevenaux

Pour les Ethevenaux, Vatagna, c’est un peu le Far West du Revermont. Un hameau caché entre deux vallons, officiellement rattaché à Montaigu — proche de Lons-le-Saunier, mais à deux bonnes heures de marche de Montain. C’est aussi le village natal de Clotilde.

Edmond, son fils vient y vivre après son mariage avec Joséphine Claudey, fille d’un négociant en farine et meunier de Clairvaux-les-Lacs. Le jeune couple s’installe d’abord chez Marie, sœur de Joséphine qui avait épousé elle aussi un Éthevenaux. Mais pas de la même branche !

Élisée né en 1822 à Vatagna épouse Marie Claudey en 1886 : il avait 63 ans et elle 29. Après la mort d’Élisée en 1892, Marie n’avait pas flanché. Forte tête et poigne sèche, elle gérait la maison, les deux enfants, Élise et Charles (futur conseiller général du Jura) et les terres d’une main ferme, avec ce regard de meunière qui a l’habitude de jauger les sacs de farine comme les hommes.

Edmond est régisseur des terres de Marie, et il faut un certain toupet — et probablement un solide humour — pour naviguer sous la coupe de Marie sans y laisser sa moustache.

Mais Edmond a le cuir solide, et sans doute aussi quelques arpents à son nom. Il n’est pas interdit de penser qu’il a hérité, en douce ou avec tambours et trompettes, de quelques terres familiales par sa mère. Ce n’est pas le genre à laisser passer une occasion, surtout quand elle est bien déguisée.

Dans le petit monde de Vatagna, il fait figure de pilier jovial, celui qu’on va voir quand on a besoin d’un conseil, d’un mulet, ou d’un tonneau de vin qu’on ne sait plus où stocker. Avec son air de ne pas y toucher, il s’est tissé un réseau solide comme un cep de vigne : un peu d’entregent, un zeste de baratin, et beaucoup de présence.

Edmond et Joséphine qui ont trois enfants, Blanche, Gaston et Yvonne, finissent tout de même par avoir leur propre maison, laissant Marie avec son ouvrier.

Ensuite c’est Auguste (le frère d’Edmond) et Marguerite qui viendront vivre à Vatagna et où naîtront leurs deux enfants Georges en 1908 et Paulette en 1911, avant de retourner s’installer à Montalent.

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