« Oui, c’est bien moi. Je suis votre tante Jacqueline, fille de Suzanne, et la sœur de votre père ! »
Quand Patrick m’a raconté cette conversation, il était bouleversé. Ces mots, me dit-il, résonnent encore en moi.
La semaine suivante, il avait rendez-vous avec cette tante surgie de nulle part. Il avait emporté quelques photos, comme des preuves de son identité, de son lien avec elle. Mais chez Jacqueline, il ne s’attendait pas à trouver un véritable comité d’accueil : deux femmes, qui s’avéreraient être ses cousines, et un homme plus jeune, le fils de l’une d’elles.
Jacqueline, impassible, l’écoutait raconter comment, un jour, il avait récupéré un numéro de téléphone par un contact à Reims. « Appelez cette dame, elle pourra peut-être vous renseigner… » Alors il avait composé ce numéro, et le voilà, assis dans le salon d’une tante qu’il ne connaissait pas, à exhiber de vieilles photos jaunies.
Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place. Jacqueline et sa famille avaient vécu à l’autre bout du département. Elle était même venue aux obsèques de son frère, en toute discrétion. De loin, elle suivait la vie de cet homme qui, président du club ornithologique de Romilly-sur-Seine, apparaissait parfois dans les journaux. Elle découpait ces articles en cachette de ses filles. Car pour elles, ce frère n’avait jamais existé. Même leur mère n’avait jamais osé leur dire qu’elle avait eu un frère – et même une sœur.
Le secret était total. On avait toujours dit, et Jacqueline l’avait répété, que ses parents étaient morts. Point final. Pas d’explications.
En reconstituant ce puzzle familial, chaque détail me surprend. Le récit de Jacqueline oscille entre confession et énigme, comme une invitation à rassembler les morceaux d’une histoire aussi fragmentée que le destin lui-même.
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